2026 se livre à nous !

Publié le 31 décembre 2025 dans la catégorie Poing à la ligne.

Amis d’un jour ou Amis de toujours,
Relations de passage ou camarades hors d’âge,
Complices des réseaux, inconnus, méconnus, 
A chacun, à chacune, en quête comme moi,
Qui tâche, petitement mais toujours hardiment,
De faire honneur et sens à notre humanité :

2025 s’éclipse, qui la regrettera ?
2026 s’invite, qui ne la craindra pas ?

Que retenir du monde de 2025,
Toujours plus morcelé, émietté, fracturé.

Délires d’un fou furieux là-bas aux Amériques,
Massacres de tant de peuples, à Gaza, en Afrique,
Océans asphyxiés, Planète embrasée,
Brûlant du Canada jusqu’en Amazonie
Peuples déboussolés, détournés, fracassés,
Notre terre n’est plus qu’un spectacle marchand.

Je préserve en mon cœur, de cette année de loups,
Un moment,
Un symbole,
Un récit.

Le premier, le dernier, avant nombre d’années,
L’entrée au Panthéon du dernier de nos sages,
Du dernier de nos justes, intégrité de fer,
Immense Badinter qui nous rendit si fiers.

Le second, un symbole, un emblème, un insigne,
Un jeune musulman, socialiste et de gauche,
Résista bravement avec fougue et talent,
A la goujaterie, à la bêtise crasse,
S’emparant fièrement d’une mairie enviée,
Celle du grand new York pas si loin de la casse.

Robert Badinter et Zohran Mamdani

Dans une Maison vide que l’on n’attendait pas,
Un immense écrivain a su nous y amener,
Bâtisseur de grande œuvre, c’est Laurent Mauvignier,
Romancier de talent, explosant tous les plans
Et faisant de son livre un éclat dans le temps.

Laurent Mauvignier

Le fascisme sans masque qui désormais insiste
Sans véritable honte, visage découvert,
Étouffant les consciences, corrompant les débats,
Infectant les cerveaux, détruisant les pensées,
Nous laissant assiégés, éperdus, dévastés,
Ne semant que dépit chez tous ceux qui résistent.

On peut les enfiler les perles vert de gris,
Quand un ex-président truand récidiviste,
Pavane en librairie, grotesque égotiste,
Quand les médias soldés au diable Bolloré
Aboient en continu leur haine et leur racisme,
Et toute honte bue, ratiocinent sans fin
Un pitre au puy du fou la haine en bandoulière,
Un pseudo philosophe poussant des cris d’onfray.

Je compris de ces faits qu’il ne restait pour moi
Qu’une dernière issue, ou qu’un dernier combat,
Fuir le fascisme ambiant, l’opinion imposée,
Éteindre leurs écrans, et allumer les nôtres.

Albert Camus

Camus nous le disait, il y a longtemps déjà :

Soyons déterminés à les faire tomber !

Les foules sentimentales un peu plus aux abois,
Où passent les égards ? où planquent les émois ?
Quand verrons-nous enfin tempêter les colères ?  

Quand la conscience abdique derrière la consigne,
Nous sombrons à grands pas dans une société
Toujours plus policière, sans cesse ostracisée,
Où un humain servile d’une IA dévoyée,
N’a plus qu’un seul registre, celui de s’effacer.

Victor Hugo est là pour nous le rappeler

Louis Aragon

Et bien nous y sommes!

Alors, sachons nous battre, résister, refuser, 
Sachons créer des liens, laïques et partagés,
Sauver la république si elle est en dangers,
La culture est une arme pour les faire tomber. 

Faisons qu’en cette année tellement embrouillée
Les colères multiples redeviennent des actes,
Les livres et les récits redeviennent des ponts,
Et l’espoir, pour de bon, l’horizon partagé.

Ainsi viendra le nôtre. 

Comme Victor Hugo, « je ne suis rien, je le sais, je compose mon rien avec un petit morceau de tout. »
Mais, 
Le vent se lève, il faut tenter de vivre. 
« Donnez-moi l’espérance, je m’occupe de tout » tonnait  Françoise Giroud.

Francoise Giroud et Edouard Glissant

Je la prendrai au mot, je lis Edouard Glissant, sang mêlé, sang créole.  

Enfin, à nous lecteurs, toujours il restera, 
Une esquive fatale,
Une arme de frappe,
Une tête nucléaire.

Le livre, 
L’écriture, 
La littérature. 

Lire délivre nous dit-on,

Car lire des livres,
Mobilise et bouleverse,
Renouvelle nos vies,
Affûte nos regards.

Si un livre à lui seul peut bouleverser la vie,
Il change aussi le monde, j’en suis persuadé! 
Alors lisons,
Alors lisez, 
Alors faites lire
Ce proverbe Yiddish :

Nous, nous tiendrons les nôtres !

Chronique dense dans un monde lourd qui nous terrifie.
La poésie peut elle nous aider à le sauver?
Si vous avez aimé ce texte, vous pouvez en relire certaines parties, ou certains extraits d’auteurs, en écoutant cette magnifique chanson de Jean Ferrat.

3 réflexions au sujet de « 2026 se livre à nous ! »

  1. Bonsoir Patrick,

    Quelles heureuses découvertes en ce premier jour de l’année ! Oui, « habitons poétiquement cette Terre » comme le suggère Hölderlin.

    Merci pour ce bilan, ces citations d’auteurs et cette chanson, effectivement magnifique, que je ne connaissais pas. Vous m’avez par ailleurs définitivement convaincue de lire La maison vide.

    Puis-je mettre en lumière une cause que vous avez déjà évoquée ? La lutte contre le pouvoir exercé dans certains couples, au nom de l’amour. C’est lui qui tue, principalement des femmes, malheureusement, mais aussi des hommes. « La nuit n’est jamais complète… » pour reprendre les vers d’Eluard et faire allusion au livre de Nathacha Appanah. Puissent la lumière, le courage et les liens leur permettre de trouver de la force dans ce long et douloureux chemin de reconstruction. Afin de vivre et non plus survivre.

    Embellie , je garde ce mot précieusement. Effectivement, continuons à nous émerveiller, partager, rêver, lire, oser, résister, écrire … Vivre.

  2. Merci Patrick pour ce partage
    Quelle plume !
    Tout est dit .
    Alors continuons à rêver, résister,partager à nous aimer.

    1. Merci Francoise. Je te souhaite le meilleur pour cette année, pour toi et tes si beaux garçons. Et en souhaitant partager encore plus de temps avec toi.

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