Georges Orwell : 1984

Publié le 12 mars 2026 dans la catégorie Pleines lignes.

Nous avons tous en tant que lecteurs, entendu parler de “1984”.
De Georges Orwell bien sûr.
Nous avons tous lu “1984”.
Ou plutôt nous croyons que nous l’avons lu.
Un jour, autrefois, quand nous étions jeunes, à l’école. Peut-être l’avons-nous même rangé aux oubliettes de nos bibliothèques.
Si nous y réfléchissons bien, nous ne sommes pas entièrement sûrs que nous l’ayons réellement lu, tant ce titre comme son auteur ont investi le langage commun.
Nous n’hésitons pas à utiliser le terme “Orwellien” comme si nous étions certains de sa signification profonde.
“1984” est une référence que nous utilisons volontiers lorsque nous voulons illustrer notre propos, sur le risque pris par l’évolution de nos sociétés, ou bien parce que le mot “Orwellien” contient, renferme toutes nos peurs de voir ce monde et ses règles nous échapper complètement.
Mais au fond, sommes-nous vraiment certains de notre affaire ?
Ne serions-nous pas à la peine de raconter l’histoire, d’en partager les extraits qui nous ont marqués, serions-nous sûrs même de simplement donner le nom du personnage principal, Winston Smith.
Est-ce qu’au final, hormis “Big Brother,” “la novlangue”, ou l’année “1984” nous ne serions pas en difficulté pour en parler, sinon doctement, du moins simplement.
Est-ce que le souvenir du livre lu il y a longtemps ne nous ramène pas au fond à un simple récit de science-fiction, ce qui ne serait déjà pas si mal, et son auteur au même grade qu’ Aldous Huxley ou Isaac Asimov par exemple ?
Est-ce que ce nous ne sommes pas désormais dans une “dystopie” dont la frontière avec la réalité s’est finalement effacée?
Est-ce que la vie d’Orwell nous est familière, son engagement politique durant la guerre d ‘Espagne, son Socialisme à la fois intègre, libertaire, non dénué de patriotisme, font vraiment écho chez nous, est ce que ses autres œuvres nous parlent?
“La ferme des animaux”, peut-être ?
Est-ce que ses essais, ses livres comme “la vache enragée” ou “Hommage à la Catalogne ” sont des titres qui nous viennent aisément à l’esprit ?


 Est-ce que l’épouse d’Orwell qui joua un grand rôle dans sa vie et son œuvre est un personnage que nous connaissons ?

Eileen Orwell


Enfin, ce livre “1984”, le dernier d’Orwell avant sa mort, est-il un livre qui fait toujours sens de nos jours, n’avons-nous jamais entendu quelqu’un nous dire “Oh oui, “1984” c’est bien mais c’est vraiment dépassé aujourd’hui, se référant à de lointains et obscurs souvenirs déconnectés du temps présent ?
 Est-ce que Orwell aurait des héritiers aujourd’hui, sinon des auteurs qui pourraient s’inscrire dans une libre filiation de « 1984 » et l’adapter à notre époque ?
Que de questions !

Nous sommes à Londres, dans l’un des trois supers états qui occupent le Globe, “l’Oceania”, “l’Eastasia “et “l’Eurasia.” L’année « 1984 « se situe dans un futur alternatif dominé par des régimes supra totalitaires.
Le personnage principal Winston Smith est bureaucrate au ministère de la Vérité. Son travail consiste à réécrire l’histoire pour qu’elle adhère à la propagande du parti, son travail consiste à effacer tout ce qui dans le passé, même le plus lointain, pourrait porter ombrage à la politique du parti. Adieu Shakespeare, Byron, Dickens et les autres ! Adieu l’Histoire passée dont nous avons pourtant tant besoin pour comprendre, Présent et Futur.  


Mal dans sa peau, Winston Smith commence à écrire clandestinement son journal, ses pensées, ses doutes, ses réactions. Journal intime s’il en est, journal thérapeutique d’une certaine manière.
Un jour, il rencontre Julia, une jeune femme de 15 ans sa cadette, belle, sensuelle, qui d’un seul coup d’œil a reconnu en lui une forme d’humanité dissidente. Julia est membre de la jeunesse anti-sexe et va devenir la maitresse, de Winston, au terme de précautions infinies tout en prenant des risques inconsidérés que le jeune couple croit pourtant prévoir contourner.

Julia et Winston vont rapidement couler le parfait amour, charnel, sensuel, ils s’aiment, sans être dupes que sur la durée, leur amour est compté. Recrutés par
O’ Brien, pour faire partie d’une résistance organisée “La Fraternité”, ils reçoivent en lecture cachée « le Livre » écrit par un ponte du parti, Goldstein, qui se veut un manifeste contre la politique du parti.   

O’Brien lui est membre du parti intérieur, il double Winston en se présentant comme son allié potentiel pour conflictualiser une forme de résistance intérieure, alors qu’il est en fait un agent intraitable et cruel de la Police de la Pensée.
Pour clore ce cadre, la quatrième grande figure, que nous connaissons tous, c’est « Big Brother », la figure emblématique et symbolique du pouvoir absolu, du contrôle omnipotent de la pensée, des comportements, il est intouchable, infréquentable, est-ce une réalité virtuelle qui pourrait s’appeler l’IA aujourd’hui ? Ou bien a-t-il une réalité physique éventuellement pluri partisane qui englobe tout, qui domine tout?

J’ai assez dévoilé les ressorts   de l’histoire qui s’assombrit par l’ambiance oppressante, la forme, les rebondissements et les nombreuses pistes détaillées qui illustrent le propos étouffant du récit.
Et je ne débusquerai bien sûr rien, de la fin atroce et inattendue, même pour les amateurs de Science-fiction.  


 Il est toujours intimidant de chroniquer un classique de la littérature, alors que tant de spécialistes, de lecteurs émérites, d’universitaires talentueux se sont déjà essayés à faire une analyse exhaustive d’une œuvre culte.
Que pourrais-je moi apporter de plus qui n’ait déjà été dit, écrit, sans paraphraser des gens aussi respectables.
Cependant, je pense que le rôle de tout lecteur est de maintenir une œuvre vivante, et à défaut de se vouloir original, de parler avec son cœur, parfois avec ses tripes d’un livre qui nous touche, nous trouble, que l’on souhaite voir lu, et relu, commenté, analysé.

Plus que jamais nous avons besoin de cela, pour vivre et survivre, et ne pas connaitre le destin des personnages Orwelliens. Autant par de jeunes lecteurs, que par des plus anciens, souvent étouffés par la tyrannie de la nouveauté littéraire et réticents à replonger dans des ouvrages si souvent rappelés.

“1984” fut pour moi, une redécouverte.
Si je l’avais effectivement lu comme une œuvre de science-fiction au lycée, je l’ai redécouvert comme un récit éclatant d’actualité. Il est passionnant de voir qu’un tel livre, visionnaire et prophétique, ne s’est au final pas égaré, et même pas trompé du tout.
La preuve :

Le ministère de la Paix gère en réalité la guerre et la défense. Il est en fait responsable de la pérennité de tous les conflits actuels, Du Moyen Orient à l’Afrique, de l’Ukraine à l’Asie.

Le ministère de l’Amour qui suggère tendresse et affection contrôle en réalité tout affect par ses antonymes que sont la peur, l’ordre et la répression.

Le ministère de la Vérité qui pourrait évoquer la transparence ne gère que la propagande à la Goebbels via les télécrans, ou beaucoup plus subtilement la manipulation des réalités par des médias asservis et des réseaux sociaux obscurantistes.

Le ministère de l’Abondance censé répartir les ressources, et gérer équitablement l’économie asservit les peuples dans une pénurie permanente.

Nous pourrions ajouter aujourd’hui un ministère de la Santé et de la Science, qui sous couvert de simplifications de la pensée, supprime la liberté académique, conduit à un véritable « Scienticide », au profit de nouveaux obscurantismes, du complotisme vaccinal au climato scepticisme. On le voit aux USA avec Elon Musk qui à travers « le Doge » assèche la redistribution de l’état, ferme et coupe les vivres à de multiples universités ou Centres de recherche, ou en Argentine avec la disparition de multiples organismes de recherche sur le climat sous la coupe de Javier Milei.

En contrôlant et en infusant la peur, la guerre, l’information et l’économie, sous couvert du contraire, les régimes totalitaires ciblent le contrôle de la pensée, domptent et domestiquent les peuples.
C’est ce que montre Orwell, comme une évidence restée la même depuis son propos en 1949.

Plusieurs choses me frappent :

La réécriture de l’Histoire au point de l’effacer avec une formule choc :


Les multimilliardaires qui détiennent aujourd’hui 95 % des médias l’ont parfaitement compris. En réécrivant les livres d’une Histoire enseignée aux collégiens, ils détiennent le pouvoir.

La Novlangue, langage simplifié à l’extrême en éliminant les antonymes, fait disparaître la subtilité du langage et donc de la pensée dans “1984”, elle est aujourd’hui illustrée comme le montre le linguiste Olivier Mannoni par les 300 mots de vocabulaire utilisés par Donald Trump, (le simpliste MAGA) , hier par les slogans frustes d’Adolph Hitler, “ein Volk, ein Reich, ein Führer” ou encore “Arbeit macht frei” à l’entrée des Camps.  Plus le langage se réduit, plus le vocabulaire s’amenuise, plus la subversion de la pensée s’efface.  Dans un essai sur « 1984 », Orwell disait : “le but de la Novlangue était non seulement de fournir un moyen d’expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l’Angsoc (le socialisme anglais) mais de rendre impossible toute autre forme de pensée. “ On le voit chez nous plus prosaïquement, en détournant les mots de leurs fins, “le licenciement” devient “l’optimisation des ressources”, “la flexibilité“ remplace “la précarité. » “ Lorsque l’on dit que l’on va vers une transformation digitale ou numérique du monde cela veut dire que l’on va vers le licenciement de millions de travailleurs. C’est même l’arroseur arrosé, les informaticiens qui codent aujourd’hui pour l’IA ou le Machine Learning travaillent à terme à leur propre suicide professionnel.

Mais on le voit aussi aux États Unis, où peu à peu disparaissent, sur ordre, des rapports officiels, des mots comme « racisme, femme, handicap, minorité, biais, égalité, changement climatique etc… « 
Orwell avait raison, en réduisant le vocabulaire, en faisant l’apologie de la pensée binaire, en développant une euphémisation ou une banalisation systématique, on réduit la liberté. Pas un hasard si les programmes politiques d’extrême droite, diluent les budgets de la culture, ferment les médiathèques et brûlent les livres, (“Fahrenheit 451”), si leurs dirigeants sud américains emprisonnent et assassinent les poètes (Pablo Neruda) ou tranchent les doigts des musiciens  
(Victor Jara au Chili)

La destruction patiente de l’individu, la torture qui fait accoucher des aveux imaginaires, que ce soient dans ses liens familiaux, amicaux ou amoureux, jugule l’indépendance et l’émancipation de l’être humain.

Cette pensée contradictoire illustre parfaitement le concept de « double pensée » cher à Orwell.  Chacun doit penser que ces contradictions sont logiques et vraies. La « double pensée « permet au parti de réécrire l’histoire, de contrôler la pensée de l’individu qui doit accepter la version officielle des faits, même si elle est contraire aux souvenirs comme à la logique. Cette double pensée s’avère un outil imparable pour détruire la pensée critique de l’individu et le soumettre ainsi à l’autorité de l’état. Aujourd’hui, c’est le règne de la double pensée au travers des Fake News, les gens acceptent aisément des versions contradictoires de la réalité, par exemple, « une élection est truquée mais le système électoral est fiable. « 
Autre exemple de la double pensée, on peut nier des génocides ou glorifier des personnalités controversées. Plus que jamais aujourd’hui, il devient facile par les bulles algorithmiques ou simplement la mauvaise foi ou l’orientation politique des chaines d’infos de contrôler l’information et le langage, propager la désinformation par des récits parallèles, contradictoires, fallacieux car produits dès qu’un évènement tragique se produit, laissant dans l’esprit des gens une impression première qui sans recul ultérieur s’avère devenir une vérité sur laquelle il sera bien difficile de revenir. On le voit aujourd’hui   avec les affaires politiques déversées dans les médias avant même qu’une enquête officielle n’ait pu démarrer.
Plus que jamais, sourcer l’information devient une exigence citoyenne.


La guerre perpétuelle, occupe les pensées des peuples, et violente les corps, détruit les institutions et les règles du vivre ensemble. Les deux minutes de la haine de « 1984 » deviennent les  semaines de la haine. La peur qui pénètre dans les foyers par la télévision ou les unes des journaux devient le moteur à réactions de l’existence. «La liberté c’est de dire que 2+2 = 4. La déflagration de l’asservissement de la pensée va conduire à ne plus savoir où est le vrai du faux en professant
2+2= 5» 

Pour « Big Brother », ce n’est même plus la victoire sur l’individu brisé, cassé, torturé, c’est son repentir qui compte pour qu’il finisse par reconnaitre comme une évidence que c’est le faux qui est vrai.
Même s’il est mort en 1984, coïncidence troublante, sans ne l’avoir jamais rencontré, Michel Foucault dans « Surveiller et Punir » analysait très bien la surveillance invisible et permanente de l’individu, intériorisant par son idée du panoptique le sentiment d’être toujours observé, le poussant ainsi à s’auto-discipliner constamment. Comment passe-t-on d’un pouvoir visible et brutal à un pouvoir qui subtilement s’intègre dans les structures mêmes de la société ?


« Big Brother » aujourd’hui et les télécrans va se dématérialiser, va se « vaporiser », c’est l’IA, qui sera présente, et va, même pas demain, mais là, maintenant, en ce moment, irriguer, infuser, nourrir et violenter toutes nos cellules neuronales. La société de surveillance, avatar de « 1984 », nous y sommes déjà avec le Crédit Social en Chine, comme nous allons l’être demain dans le moindre village, bourg, enclos avec des caméras de surveillance autopilotées par l’IA.

Alors, question ? La partie est-elle déjà perdue ?

Je ne le crois pas. Je pense que des chercheurs et développeurs de l’IA et du Machine Learning, comme Yoshua Bengio par exemple, un des pères créateurs de l’IA commencent à se dresser pour alerter sur les pouvoirs de soumission qui deviennent déjà incontrôlables.

Yoshua Bengio


Que penser des Fake news qui inondent les réseaux sociaux, des hacking permanents pour influencer aujourd’hui les votes citoyens et demain prendre leur place ?
Que penser d’un Donald Trump qui pourrait demain refuser de reconnaitre un vote, une élection qui lui serait défavorable ?

Je pense que d’un point de vue littéraire et philosophique, quelqu’un comme Alain Damasio dans “les Furtifs” se dresse comme un modèle pertinent de pensée et de résistance à suivre. Dans « les Furtifs », ce sont les drones, les caméras vidéos et les algorithmes qui tracent, contrôlent matent et tyrannisent. Si Orwell montre comment écraser l’individu, Damasio dans une défiance joyeuse montre comment le libérer par la résistance numérique ou le Hacking social. Si dans « 1984 », la trahison est inoculée aux individus à la pensée bâillonnée, dans “les Furtifs” on échappe à la surveillance du techno cocon et on résiste à un monde hyper connecté, par des réseaux où la confiance soude les individus. Ce que Damasio appelle des ilots ou des poches de résistance organisée, qui fonctionnent par entrelacs et connections plus intelligentes que les algorithmes répressifs, conduit à avoir toujours un clic d’avance. L’autogestion, l’écologie, la défiance joyeuse sont ici des armes et des pistes d’existence qui étaient inconnues à l’époque d’ Orwell. Le prolongement émancipateur de “1984” me semble-t-il, ce sont les ZAD, joyeuses, brouillonnes mais organisées, le détournement technologique tels que les Situationnistes pourraient l’imaginer aujourd’hui.

Comment résister à ce que disait Debord dans la Société du Spectacle en 1967 :


Ou encore lorsque Éric Sadin dans « la siliconisation du monde » écrit


Les GAFAM exploitent nos données pour anticiper et influencer nos comportements. Nous avons face à nous « un Big Brother « privé.

Alors, moi qui suis avant tout un lecteur lambda attentif , j’aime quand Alain Damasio dans « les Furtifs » définit la poésie comme arme anti-surveillance, sans que cela soit un effet de manche.

Par ailleurs, Damasio trace une alternative pertinente à la Novlangue par des néologismes magiques, une réinvention du vocabulaire et du langage qui le fait ainsi échapper à tout contrôle.

Alain Damasio

Orwell, témoin inspiré disait “« Écrire de la Fiction, c’est écrire un pamphlet». Damasio est un militant, et dit « écrire de la fiction politique c’est donner des armes»

Orwell se définissait comme un socialiste libertaire, anti totalitaire, empirique, proche des valeurs anarchistes peut être acquises lors de son expérience durant la guerre d’Espagne, j’aime beaucoup son concept de « Common decency », la décence commune, une sorte de sens moral inné, d’honnêteté élémentaire sans doute partagée par ceux qu’il appelle les prolétaires dans son livre.  Peut-être est-ce dans cette morale inscrite dans un quotidien de labeur et des valeurs simples que se dessine son socialisme bien éloigné de celui des idéologues et des barbares staliniens.

Les fulgurances d’Orwell dans “1984 “rendent ce livre furieusement actuel, contemporain, indispensable pour nous prévenir de l’effondrement du monde dont l’urgence climatique était absente et qui en sera la clé.

Dans l’ombre de « Big Brother », “les Furtifs “de Damasio tracent leur chemin, ouvrent des voies vers l’émancipation et la libération. Entre les fissures du béton et les interstices de la surveillance, les oasis et les ilots des « Furtifs » rappellent que la résistance n’est pas seulement une ombre, elle est aussi une lueur. Et un espoir.

Dans “la Ferme des animaux” Orwell écrivait ceci :
“Dans une époque de mensonge universel, dire la vérité est un acte révolutionnaire.“

Et dans “1984” il écrivait :

“ La liberté c’est de dire que deux et deux font quatre. Une fois cette liberté admise, tout le reste suit. “

Dans le texte qui suit et clôt cette longue chronique, Hannah Arendt montre que le danger du mensonge permanent n’est pas tant la crédulité, qui existe cependant, que la destruction de la capacité à croire, à penser et à juger, rendant un peuple vulnérable à toute manipulation. Ce texte très « Orwellien » pour le coup, est foudroyant d’intelligence. Il inquiète mais nous suggère que la pensée critique doit survivre à toute forme de totalitarisme.

Hannah Arendt

« Dès lors que nous n’avons plus de presse libre, tout peut arriver. Ce qui permet à une dictature totalitaire ou à toute autre dictature de régner, c’est que les gens ne sont pas informés ; comment pouvez-vous avoir une opinion si vous n’êtes pas informé ? Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien.

C’est parce que les mensonges, de par leur nature même, doivent être modifiés, et donc un gouvernement menteur doit constamment réécrire sa propre histoire. En tant que citoyen, vous ne recevez pas seulement un mensonge – que vous pourriez continuer à croire pendant le reste de vos jours – mais vous en recevez un grand nombre, selon la façon dont le vent politique souffle.

Et un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et l’on peut faire ce que l’on veut d’un tel peuple. »

(https://www.les-crises.fr/une-archive-exceptionnelle-un-certain-regard-entretien-avec-hannah-arendt-1973/ )


1984, c’est aujourd’hui ?

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